L'invité du mois
Ce mois-ci, c'est Quentin Lannes, magasinier de bibliothèque au service commun de documentation (SCD) qui nous propose sa reco. Merci Quentin !
Mon corps électrique (7 épisodes) - Podcast de la RTS
Une recommandation de Quentin
Nom de code : UP2-001. Je suis le premier volontaire d’une étude clinique révolutionnaire : un implant dans mon cerveau, un autre dans ma moelle épinière, pour tenter de redonner vie à mon bras gauche. Tétraplégique depuis une chute en montagne, je suis aussi journaliste. Mon corps électrique raconte huit mois d’immersion dans le laboratoire de la neurochirurgienne Jocelyne Bloch et du neuroscientifique Grégoire Courtine et pose surtout la question de la réparation des corps, des limites de la science et de l’acceptation des catastrophes qui nous frappent.
Arnaud Robert partage avec générosité cette expérience rare. D’abord positif et curieux, il adopte dans un second une position plus critique envers les idéaux transhumanistes que sous-tendent ces innovations technologiques médicales. Surtout, il donne comme rarement la parole à d’autres personnes en situation de handicap qui refusent l’idée validiste selon laquelle il faudrait absolument « corriger le handicap » pour participer à la vie de la société.
7 épisodes (environ 35 minutes par épisode)
Vivons heureux avant la fin du monde - podcast Arte Radio Sélection special Dry january
une recommandation d'Anaël
Qui dit janvier dit … dry january !💧
Alors à l’occasion de cette nouvelle année, et pour accompagner vos bonnes résolutions, je vous propose une mini-série podcast de l’émission “Vivons heureux avant la fin du monde” d’Arte Radio sur la thématique de l’alcool. 🍷
Dans le premier épisode Alcool, nous avons un problème, Delphine Saltel vient discuter de la zone grise de la consommation d’alcool : celle qui caractérise non pas les comportements extrêmes et excessifs qu’on utilise pour caractériser socialement un “alcoolisme” pathologique ; mais plutôt la consommation d’alcool ambiante du quotidien. Au travers d’une analyse du livre « Jour Zéro ” de Stéphanie Braquehais, l’épisode entremêle la thématique de l’alcool avec celles du genre, de la famille, de l’amitié, des enfants etc. pour démêler les fils d’une “convivialité éthylique” qui ne veut pas regarder en face son véritable problème : la banalisation de l’alcool.
Enfin, dans le deuxième et dernier épisode intitulé Tu t’es vu quand t’as pas bu ?, les thématiques des enjeux de genre, d’âge et de religion sont approfondies. Celles-ci permettent de venir remettre en question les freins à la sobriété abordés dans le premier épisode, en mêlant des travaux de sciences humaines et sociales sur ces questions, et une proposition d’outils et bonnes pratiques.
Un podcast à consommer sans modération ! 🍻
Killing eve (3 saisons) - Série de Phoebe Waller Bridge
Une recommandation de Julie
Killing Eve, série de Phoebe Waller-Bridge (autrice de l’excellentissime et inégalée Fleabag) est sortie en 2018 et j’ai souvenir de l’avoir bingée et adorée. Après l’avoir conseillée récemment à une amie qui ne la connaissait pas, j’ai décidé de la revisionner et elle n’a pas pris une ride.
Je vais tâcher de ne pas trop spoiler l’intrigue car il s’agit d’une série policière / d’espionnage qui, bien évidemment, détourne les codes du genre (aux deux sens du terme).
Le pitch : Deux femmes. Eve est un agent du MI5 britannique. Brillante, elle s’ennuie dans le triste travail de bureau auquel elle est confinée, à mille lieues des fantasmes d’agent secret qu’elle nourrissait en croyant devenir espionne. Villanelle est une tueuse. Brillante elle aussi, elle apprécie le train de vie luxueux que lui permet le drôle de métier qu’elle s’est choisi. En faisant s’affronter deux femmes diablement intelligentes, doublement obsédées l’une par l’autre et inversement, Killing Eve bouleverse les codes classiques du thriller avec sa version contemporaine féroce du jeu du chat et de la souris. (Sens critique)
Cette série passe haut la main le test de Bechdel puisque les hommes sont, pour une fois, relégués aux seconds rôles et au second plan. Ils sont là, dans les environs, mais il faut bien l’avouer, ne servent pas à grand chose (même si j’ai une tendresse particulière pour le rire de Konstantin) et ont une fâcheuse tendance à mourir.
Fans d’humour anglais, vous ne serez pas déçu·es. Pensez à moi lors de la très iconique scène du bébé en Espagne (à prendre au 2e degré, faut-il le préciser ?)
Je n’ai toujours pas compris pourquoi Killing eve n’avait pas rejoint la très courte liste des « séries bien sapées » car les tenues de Villanelle valent elles aussi le détour.
Bref, vous passerez un bon moment avec cette série qui contribue à transformer les représentations avec beaucoup d’humour et d’intelligence.
En DVD dans vos bibliothèques municipales, et sur pas mal de plateformes vidéo.
Même la recherche s’est intéressée à cette série, 3 articles à lire sur The Conversation :
L'arnaque des nouveaux pères - de Stéphane Jourdain et Guillaume Daudin - préface de Titiou Lecoq
Une recommandation de Marthe




Ce mois-ci je vous propose une BD en lien avec l’actualité réglementaire. Ne fuyez pas tout de suite, promis c’est un peu plus fun que ça en a l’air !
Vous en avez peut être entendu parler, à compter du 1er juillet 2026, il sera possible pour chaque parent de prendre en plus de son congé dit de « maternité », de « paternité » ou d’adoption jusqu’à deux mois de congé supplémentaire (rémunéré à 70 % du salaire net le premier mois et 60 % le second mois). Cette mesure permettra notamment aux pères de suspendre plus longtemps leur activité suite à la naissance de leur enfant (jusqu’ici seulement 28 jours au total). A noter au passage que jusqu’en 2002 (ce n’est pas si loin !!), les pères n’avaient que 3 jours d’absence…
Mais revenons à nos moutons, si je vous parle de tout ça ce n’est pas pour vous ennuyer avec des textes juridiques. Si je l’évoque, c’est parce que cette nouvelle et les débats qui l’entourent m’ont fait penser à la BD « l’arnaque des nouveaux pères » de Stéphane Jourdain et Guillaume Daudin. Ces deux journalistes sont partis enquêter sur les réalités de ces « nouveaux pères » – présentés comme tels notamment dans les médias. Les “nouveaux pères” ou autrement dit ceux qui n’auraient pas peur des tâches domestiques ni de s’afficher publiquement comme des parents aimants et sensibles. En bref, ceux qui s’impliqueraient réellement dans la vie de leur enfant et pourraient écouter d’une oreille sereine les critiques vis-à-vis des inégalités parentales.
Stéphane Jourdain et Guillaume Daudin pourraient d’ailleurs en faire partie, de ces pères 2.0… Mais à l’origine de leur enquête, une impression que quelque chose cloche. Sont-ils sincèrement à l’abris de tout soupçon ? Pour en avoir le cœur net, ils sont allés échanger avec des sociologues, psychologues, responsables publics, coachs en parentalité… A l’appui de ces expertises ainsi que de leur propre expérience, ils passent en revue différents sujets : les congés bien sûr mais aussi le foyer, les violences… Et s’intéressent à d’autres modèles internationaux souvent pris comme exemple (ici, la Suède). Vous les voyez venir : l’égalité c’est pas aussi simple que ça en a l’air.
Un parfait manuel à mettre entre toutes les mains donc… Enfin, surtout celle des déjà et futurs papas vous l’aurez compris ! De quoi déjouer les pièges et s’inscrire comme véritable acteur de la lutte contre les inégalités parentales. Et puis surtout, de quoi adoucir son foyer et tisser de beaux liens avec ses enfants…
