Féministes contre le cyberharcèlement publie, aux côtés de Point de Contact et de #StopFisha, les résultats de la Grande Enquête sur les cyberviolences sexistes et sexuelles (CVSS). Lancée en juin 2025, cette première enquête nationale repose sur 2 136 témoignages recueillis, dont 1 209 victimes.
Les femmes, les filles et les mineur·es en première ligne
Les résultats confirment la nature profondément genrée des cyberviolences sexistes et sexuelles. 82 % des victimes sont des femmes ou des filles, un chiffre cohérent avec les données de signalement de Point de Contact (80 % de victimes féminines en 2025). Les espaces numériques répondent aux mêmes logiques de domination que le monde physique. Selon le ministère de l’Intérieur, 85 % des victimes de violences sexuelles enregistrées sont des femmes ou des filles : ces violences ne surgissent pas de nulle part, elles prolongent et amplifient des rapports sociaux préexistants.
Les mineur·es constituent une population particulièrement exposée. Plus d’une victime sur deux (56 %) a subi des CVSS alors qu’elle était mineure, et 36 % des mineur·es victimes ont vu des contenus intimes diffusés sans leur accord. Cette surexposition est aggravée par le cumul des discriminations : 79 % des victimes déclarent être exposées à au moins une forme de discrimination, et plus de la moitié en cumulent deux ou davantage.
Quelques chiffres clés de l’enquête
- 82 % des victimes sont des femmes ou des filles ; ce taux atteint 87 % pour les victimes de diffusion non consentie de contenus intimes.
- 56 % des victimes ont subi des cyberviolences alors qu’elles étaient mineures.
- 63 % des victimes ont fait face à des violences répétées dans le temps, et une sur dix indique que ces violences durent encore au moment de l’enquête.
- Plus d’une victime sur quatre a vu des contenus sexuels ou intimes la concernant diffusés sans son consentement.
- 85 % des agresseurs identifiés sont des hommes ou des garçons ; ce taux monte à 93 % dans les cas de diffusion non consentie.
- Seules 4 % des victimes ont contacté une association spécialisée et 12 % ont déposé plainte.
La Grande Enquête sur les cyberviolences sexistes et sexuelles est un projet d’origine inter-associative, qui a bénéficié d’un soutien financier de la part du ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations.
