Les reco de la mission égalité-diversité – mai 2026

L'invité·e du mois

Ce mois-ci, c'est Zo Michiels, ingénieur·e d’études / chargé·e de projet Chaire LGBTQI+, qui nous propose sa reco. Merci Zo !

Transatlantique - Camille Corcéjoli

Une recommandation de Zo

Pour ce mois de mai, on m’a proposé de faire une recommandation. Le problème comme toujours, c’est de choisir. Et le choix a été très compliqué et laborieux.

Après de nombreuses hésitations, j’ai cependant décidé de vous parler d’un livre sorti en 2025, Transatlantique de Camille Corcéjoli.

On suit Alex, un jeune homme trans, qui part aux Etats-Unis avec sa joyeuse bande d’ami·es pour faire une mammectomie. Tout au long du roman, qui raconte leur road trip, on en apprend plus sur le passé d’Alex grâce à des flashbacks, des souvenirs et des poèmes à la première personne. L’aventure est rythmée, avec des péripéties, des moments de doute, des angoisses et les difficultés du parcours médical et social qu’il a fallu traverser.

Ce que je retiens de ce roman, ce ne sont pas les difficultés mais la joie, l’adelphité, l’humour et la douceur. Avec ce roman, on (re)découvre qu’une transition c’est aussi beaucoup d’euphorie, et qu’elle est encore plus belle lorsqu’elle est partagée avec les gens qui comptent.

Bien sûr, la transphobie n’est pas absente du roman mais elle n’est pas son centre. Son centre, c’est l’amitié, c’est cette famille choisie et ces moments intenses qui consolent, qui font rire, qui font pleurer, qui font s’apaiser l’angoisse.

C’est une lecture qui fait du bien.

Extrait du livre : « Louise crie sur les premières notes de Wake Me Up Before You Go-Go et lui saute dessus. Elle enlace sa taille avec ses jambes et, pendant qu’il la fait tourner, elle balaie le sol de ses longs cheveux. Puis, elle remonte vers lui dans une démonstration flamboyante de la solidité de sa ceinture abdominale. Agrippé∙es l’un·e à l’autre, iels se sourient, se lèvent, se soulèvent et tournoient sur la piste. Autour d’elleux, certain·es s’écartent pour regarder, captivé∙es par la beauté hybride de leurs corps assemblés. Iels virevoltent encore et encore. Ça tourne. C’est un tourbillon qui emporte tout. La salle est trouble. Je vois La Miranda derrière le comptoir. La scène du film Stonewall, de Finch, quand elle passe un entretien avec un psy pour se faire réformer de l’armée. Le psy est attablé au comptoir. Il l’interroge : « And you’re now what, a man or a woman? » Elle : « Oh ho ho, doctor. How fifties you be. I’m living in the other state between maleness and femaleness. » « Which is? » demande le psy. Tout le bar retient son souffle. Elle : « Fabulousness! »*

*Traduction : « Et vous être quoi maintenant ? Un homme ou une femme ? » Elle « Oh, oh, oh docteur, vous êtes vieux jeu type années 50. Je suis à la frontière entre la masculinité et la féminité » « C’est-à-dire ? » […] « La splendeur ».

Des comptes instagram pour visibiliser l'intersexuation

Une recommandation d'Anaël

Vous êtes-vous déjà demandé si les personnes que vous suiviez sur Instagram étaient toutes dyadiques ?

Probablement pas. Et c’est normal ! Dyadique, c’est l’inverse d’intersexe. Une personne dyadique est une personne qui naît et grandit avec des caractéristiques sexuées considérées comme typiquement masculines ou féminines par la médecine et la société. A contrario, être intersexe c’est faire l’expérience d’être né.e et/ou de grandir avec des caractéristiques sexuées qui sortent des catégories masculin/féminin. Or, il se trouve que les personnes intersexes sont souvent invisibilisées, et l’on oublie souvent de se poser la question de leur place, y compris dans nos quotidiens et sur nos écrans ! C’est la raison pour laquelle aujourd’hui, je vous propose d’agrémenter votre feed instagram avec des personnes intersexes francophones et anglophones venant de divers horizons, en vous partageant un post instagram d’ @arno.xxy intitulé « Les personnes intersexes à suivre dès maintenant » qui répertorie pleins de comptes, y compris d’artistes talentueux.ses !

Pour ma part, j’adore suivre les vidéos de chorégraphies de @suzannedegennaro, les vidéos de vulgarisation sur l’intersexuation de @pidgeon !

Sur le compte instagram d’ @arno.xxy, vous retrouverez également différents post de vulgarisation pour comprendre par exemple : « Pourquoi les médecins n’emploient pas le terme intersexe ? » ; « Pourquoi existe-t-il encore des mutilations sur les personnes intersexes ? » ou encore : « Pourquoi le drapeau intersexe est-il inconnu au bataillon » ?

En ce mois de lutte contre les LGBTQI-phobies, je vous souhaite de bonnes découvertes intersexes !

Petite histoire de l’art queer - Dawn Hoskin

Une recommandation de Julie

Du David de Michel-Ange aux portraits de Zanele Muholi, en passant par Frida Kahlo, Keith Haring ou Claude Cahun ainsi que de nombreux artistes oubliés ou occultés, cet ouvrage explore à travers 40 chefs-d’œuvre, les mouvements clés, les thèmes et les grands tournants qui font l’histoire de l’art queer.

Dawn Hoskins propose une introduction innovante et accessible et nous explique les quand, comment et pourquoi de la présence des artistes queer au cœur de l’histoire de l’art.

Et bien voilà un livre qui m’encourage à repenser toute ma formation en histoire de l’art, pas merci !

De Michel Ange à Claude Cahun, d’un bol amérindien aux œuvres de Basquiat (forever 🫶🏿), cette encyclopédie retrace l’histoire de l’art au prisme des identités queer. Elle se divise en 3 chapitres : les mouvements artistiques, les œuvres, les thèmes

C’est concis et pourtant complet et l’ensemble apporte un éclairage bienvenu sur un sujet finalement invisibilisé ou éludé, en tout cas à mon époque 👵🏼 (je me souviens par exemple de mes cours sur gilgamesh et enkidu, les fameux “amis” mésopotamiens !)

La fille dans l'écran - Lou Lubie et Manon Desveaux

Une recommandation de Marthe

Bon en matière de reco je dois avouer que les miennes ne sont pas toujours les plus joyeuses. Alors cette-fois ci je m’accorde à la douceur printanière pour célébrer les vécus lesbiens et vous invite à lire la BD culte « La fille dans l’écran ».

Elle raconte la rencontre entre Coline, qui vit en France et rêve de devenir illustratrice, et Marley, photographe habitant au Canada. Les deux femmes vont nouer progressivement une relation amoureuse chacune derrière leur écran. Dans cette BD, ni grand drame ni coup d’éclat donc, mais une histoire simple et réaliste d’une relation qui se tisse et d’existences qui tentent de s’accorder.

Le petit plus de cette BD étant que deux illustratrices se cachent derrière ses planches : Lou Lubie raconte Marley en couleurs – Manon Desvaux trace les traits de Coline en noir et blanc.