Le lundi 22 juin à 14h (salle de conférence de la BU Sciences Campus la Doua).
Isabelle Régner viendra parler de l’influence des stéréotypes de genre sur les performances cognitives et les décisions de recrutement, et nous réserverons un temps suffisant ensuite pour discuter avec elle.
Les plans d’action visant à promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes au sein de la fonction publique ont permis un certain nombre d’avancées. Toutefois, les inégalités demeurent au sein des personnels en termes de recrutement, de promotion, d’accès aux postes les plus prestigieux, et de représentation dans les disciplines scientifiques dites STIM (Sciences, Technologie, Informatique, et Mathématique).
La recherche en Cognition Sociale a contribué à montrer que ces inégalités sont, au moins pour partie, liées aux stéréotypes de genre qui conduisent à davantage associer, encore aujourd’hui, les capacités de leadership, de management, et les compétences en Sciences aux hommes plutôt qu’aux femmes. Seront présentés ici quelques résultats permettant de comprendre comment ces stéréotypes sont de nature, d’une part, à influencer négativement les performances des femmes, et d’autre part à générer des biais et processus subtils de discrimination en influençant les décisions des évaluateurs et des évaluatrices au moment des recrutements et des promotions.
Isabelle Régner est Professeure de psychologie sociale à Aix-Marseille Université au Centre de Recherche en Psychologie et Neurosciences (UMR CNRS 7077), dont elle est la directrice adjointe depuis janvier 2024. Elle a dirigé le Centre des Sciences Sociales pour les Sciences de 2014 à 2020, et a été nommée Vice-Présidente égalité femmes-hommes et lutte contre les discriminations en janvier 2020. Depuis 2021, elle est membre du GT9 « Équité et réduction des inégalités scolaires » du Conseil Scientifique de l’Éducation Nationale. Depuis 2023, elle coordonne le projet WE4LEAD – Women Empowerment for Leadership in Higher Education and Research Institutions, un partenariat impliquant le Liban, l’Algérie, la Tunisie, l’Espagne et l’Italie, dédié à la promotion du leadership féminin dans l’enseignement supérieur et la recherche.
Ses travaux portent sur la régulation sociale des fonctionnements cognitifs en laboratoire et en site naturel (académique et clinique). Elle étudie notamment l’effet des stéréotypes sociaux sur les performances et les évaluations dans différents domaines de compétences (mathématiques, lecture, mémoire) et auprès de différentes populations (enfants, jeunes adultes, adultes dyslexiques, comités de sélection, personnes âgées, patients en phase prodromale de la maladie d’Alzheimer). Ses engagements institutionnels et internationaux, notamment à travers WE4LEAD, s’ancrent dans ces recherches scientifiques, en traduisant leurs résultats en dispositifs de formation, de régulation et de coopération internationale. Elle est l’autrice d’une soixantaine de publications scientifiques dans des revues internationales et participe régulièrement à des conférences auprès du grand public.
